Une mâchoire qui craque, une douleur qui irradie vers l’oreille, une dent de sagesse qui pousse mal : ces troubles sont fréquents et souvent négligés. Beaucoup commencent par consulter leur dentiste ou leur médecin traitant. Mais certaines situations relèvent d’une spécialité précise : la chirurgie orale et maxillo-faciale. Quels problèmes prend-elle en charge ? Et quand faut-il s’y adresser ? Le point.
Une spécialité au carrefour de la bouche et du visage
La chirurgie orale concerne la bouche, les dents et les os des mâchoires. La chirurgie maxillo-faciale va plus loin : elle traite l’ensemble du squelette du visage, de la mâchoire aux pommettes. Pour une prise en charge adaptée, les patients peuvent s’adresser à des structures spécialisées en chirurgie orale et maxillo-faciale, comme le Centre Oroface, qui réunit l’expertise nécessaire pour ces interventions.
En France, deux profils de spécialistes interviennent dans ce domaine :
- Le chirurgien maxillo-facial, médecin spécialisé dans la chirurgie du visage et des mâchoires ;
- Le chirurgien oral, titulaire d’un diplôme d’études spécialisées dédié, accessible aux chirurgiens-dentistes comme aux médecins.

Les motifs de consultation les plus fréquents
Les dents de sagesse
C’est la raison la plus courante. Les dents de sagesse apparaissent souvent entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte. Faute de place, elles restent parfois bloquées dans l’os ou poussent de travers. On parle alors de dents incluses ou semi-incluses. Elles peuvent provoquer :
- Des douleurs et des gonflements de la gencive ;
- Des infections à répétition, appelées péricoronarites ;
- Des caries sur la dent voisine ;
- Plus rarement, la formation d’un kyste dans l’os.
Toutes les dents de sagesse ne doivent pas être retirées. La décision repose sur un examen clinique et une radiographie panoramique.
Les troubles de l’articulation temporo-mandibulaire
L’articulation temporo-mandibulaire (ATM) relie la mâchoire inférieure au crâne, juste devant l’oreille. Ses dysfonctionnements se manifestent par des craquements, une ouverture de bouche limitée ou des douleurs. Le stress et le serrement des dents, ou bruxisme, en sont des facteurs fréquents.
Soulager / GuérirDouleur à l’épaule : quand et comment porter une attelle ?La prise en charge commence presque toujours par des solutions non chirurgicales : gouttière, rééducation, gestion du stress. Une approche manuelle peut aussi soulager les tensions musculaires associées, comme le propose par exemple un ostéopathe. La chirurgie n’est envisagée que dans des cas précis, après avis spécialisé.

Les implants et greffes osseuses
Après la perte d’une dent, l’os de la mâchoire peut se résorber. Pour poser un implant dentaire, il faut parfois reconstruire ce volume osseux par une greffe. Ces actes relèvent souvent de la chirurgie orale.
Les décalages des mâchoires
Certaines personnes présentent un décalage important entre la mâchoire supérieure et la mâchoire inférieure. Ce déséquilibre peut gêner la mastication, l’élocution ou la respiration. La chirurgie orthognathique repositionne alors les mâchoires, généralement en association avec un traitement orthodontique.
![Un nez qui penche d'un côté, une arête irrégulière, une narine plus étroite que l'autre : l'asymétrie nasale est fréquente. Elle est parfois discrète, parfois très visible. Elle peut aussi gêner la respiration. Aujourd'hui, plusieurs techniques chirurgicales permettent de la corriger, dont certaines font appel aux ultrasons. Tour d'horizon des solutions, de leurs atouts et de leurs limites. Corriger un nez dévié : où en sont les techniques ? La chirurgie du nez a beaucoup évolué ces dernières années. Aux instruments traditionnels se sont ajoutés des outils plus précis, comme la rhinoplastie ultrasonique, qui permet de sculpter les os du nez de façon plus ciblée. Le choix de la technique dépend toutefois de chaque situation. Il repose sur un examen attentif du nez, de sa structure et des attentes du patient. D'où vient une déviation nasale ? Le nez se compose de plusieurs structures : les os propres du nez en haut, des cartilages en bas et une cloison centrale, le septum. Une déviation peut toucher l'une ou plusieurs de ces structures. Ses origines sont variées : Une cause congénitale : certaines asymétries sont présentes dès la naissance ; Un traumatisme : choc, chute ou accident sportif, parfois oublié depuis l'enfance ; Une croissance asymétrique du visage pendant l'adolescence ; Les séquelles d'une chirurgie antérieure du nez. Des conséquences esthétiques… et parfois fonctionnelles Sur le plan esthétique, un nez dévié attire le regard vers le centre du visage. Il peut donner une impression de déséquilibre, même lorsque la déviation est modérée. Certaines personnes en souffrent sur le plan de l'image de soi. La gêne n'est pas toujours qu'esthétique. Une déviation de la cloison nasale peut réduire le passage de l'air. Elle provoque alors : Une obstruction nasale, souvent d'un seul côté ; Une respiration buccale, notamment la nuit ; Des ronflements ou un sommeil moins réparateur ; Parfois des sinusites à répétition. Lorsque la gêne est à la fois esthétique et respiratoire, on parle de rhinoseptoplastie. Elle corrige à la fois la forme du nez et la cloison. [caption id="attachment_81069" align="aligncenter" width="1078"] Un examen précis permet d'identifier les structures responsables de la déviation.[/caption] Les différentes approches chirurgicales La rhinoplastie fermée ou ouverte La rhinoplastie peut être réalisée par voie fermée, avec des incisions situées à l'intérieur des narines. Elle ne laisse pas de cicatrice visible. La voie ouverte ajoute une petite incision sous la pointe du nez, sur la columelle. Elle offre une meilleure visibilité des structures, utile pour les corrections complexes. La septoplastie Quand la cloison est déviée, le chirurgien la redresse ou retire la partie qui obstrue le passage de l'air. Ce geste peut être réalisé seul ou associé à une rhinoplastie. Des greffes de cartilage sont parfois utilisées pour renforcer ou redresser certaines zones. Les ostéotomies : remodeler l'os Pour corriger une déviation osseuse, le chirurgien doit sectionner et repositionner les os du nez. C'est ce qu'on appelle les ostéotomies. Deux grandes familles d'instruments existent pour les réaliser. Instruments traditionnels ou ultrasons : quelles différences ? Les instruments traditionnels Historiquement, les os du nez sont travaillés avec des ostéotomes, sortes de petits ciseaux à frapper, et des râpes. Ces instruments ont fait leurs preuves depuis des décennies. Ils permettent des interventions rapides, et de nombreux chirurgiens les maîtrisent parfaitement. Leur principale limite : la fracture de l'os est moins contrôlée. Les tissus voisins peuvent être davantage sollicités, ce qui favorise parfois les ecchymoses et le gonflement. La technologie ultrasonique La piézochirurgie utilise des inserts qui vibrent à fréquence ultrasonique. Ils coupent ou sculptent l'os de manière très précise. Leur particularité : ils agissent sur les tissus durs, comme l'os, tout en épargnant largement les tissus mous, comme les muqueuses ou les vaisseaux. Cette technique présente plusieurs intérêts : Une précision accrue dans le remodelage de l'os ; Un meilleur contrôle visuel des gestes ; Des suites parfois plus légères, avec moins d'œdème et d'ecchymoses selon plusieurs publications ; La possibilité de corrections fines sur des asymétries complexes. Les limites de chaque méthode Aucune technique n'est universelle. La rhinoplastie ultrasonique demande souvent une voie ouverte et un décollement plus large des tissus. L'intervention peut être plus longue. Elle nécessite aussi un équipement spécifique et une formation particulière du chirurgien. Pour une petite correction, elle n'est pas toujours indispensable. Les instruments traditionnels restent, eux, pertinents dans de nombreux cas. Leur résultat dépend largement de l'expérience de l'opérateur. Dans tous les cas, la technique doit être choisie en fonction de l'anatomie du patient, et non l'inverse. Et la rhinoplastie médicale ? Les injections d'acide hyaluronique peuvent camoufler une légère asymétrie. Elles ne redressent toutefois ni l'os ni la cloison. Elles ne règlent aucun problème respiratoire. Elles comportent aussi des risques, notamment vasculaires, et doivent être réalisées par un médecin qualifié. Les suites opératoires Après une rhinoplastie, quelle que soit la technique, plusieurs étapes sont à prévoir : Une attelle est généralement portée sur le nez pendant environ une semaine ; Des ecchymoses et un gonflement apparaissent autour des yeux, puis s'estompent progressivement ; Une gêne respiratoire transitoire est fréquente les premiers jours ; Une éviction sociale d'une à deux semaines est souvent conseillée ; Le résultat définitif s'apprécie après plusieurs mois, souvent autour d'un an. Les sports de contact et le port de lunettes lourdes sont à éviter pendant un temps défini par le chirurgien. Bien préparer son projet Une rhinoplastie est une intervention à part entière. Elle doit être réalisée par un chirurgien qualifié, en chirurgie plastique ou en ORL et chirurgie cervico-faciale. Pour une chirurgie à visée esthétique, la loi impose un délai de réflexion d'au moins 15 jours après la remise du devis. Lorsque la gêne est respiratoire, la partie fonctionnelle de l'intervention peut être prise en charge par l'Assurance Maladie, sous conditions. Pour mieux comprendre l'intervention et ses risques, la Société française de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique met à disposition des fiches d'information destinées aux patients. Un nez redressé, un visage rééquilibré Corriger un nez dévié, c'est souvent améliorer à la fois l'harmonie du visage et le confort respiratoire. Techniques traditionnelles et ultrasoniques ont chacune leur place. Le bon choix dépend de l'anatomie, de l'importance de la déviation et de l'expérience du chirurgien. Une consultation approfondie reste la première étape.](https://www.celyatis.com/wp-content/uploads/2026/10/905e5a13-a053-4fde-90d1-fb2c6003a571.jpg-2026-10-12T113742.747.png)
Les traumatismes du visage
Chute, accident de sport ou de la route : les fractures de la mâchoire, des pommettes ou du nez relèvent de la chirurgie maxillo-faciale, souvent dans un contexte d’urgence.
Quand consulter sans attendre ?
Certains signes justifient une consultation rapide :
- Un gonflement du visage accompagné de fièvre ;
- Une difficulté à ouvrir la bouche ou à avaler ;
- Une douleur intense qui ne cède pas aux antalgiques habituels ;
- Une lésion dans la bouche qui ne cicatrise pas après deux à trois semaines ;
- Un choc au visage avec déformation ou dents déplacées.
Une infection dentaire qui se propage peut devenir grave. En cas de gonflement important ou de gêne respiratoire, il faut contacter le 15.
Comment se déroule une prise en charge ?
La première étape est une consultation, avec un examen de la bouche et du visage. Une imagerie est souvent demandée : radiographie panoramique ou scanner dentaire. Le chirurgien explique ensuite les options, les bénéfices attendus et les risques.
Beaucoup d’interventions, comme l’extraction des dents de sagesse, se font sous anesthésie locale. D’autres nécessitent une anesthésie générale. Les suites comprennent généralement un gonflement et une gêne pendant quelques jours. Les consignes post-opératoires, sur l’alimentation, l’hygiène et les médicaments, sont essentielles à une bonne cicatrisation.
Soulager / GuérirLocataire de plus de 65 ans : la protection que la loi accorde avant tout congéPour mieux comprendre la spécialité, la Société française de stomatologie, chirurgie maxillo-faciale et chirurgie orale met à disposition des informations destinées aux patients.
Ne pas laisser s’installer la douleur
Douleurs de mâchoire, dents de sagesse problématiques, perte osseuse : ces troubles ont des solutions. Un diagnostic précoce permet souvent d’éviter des complications et des traitements plus lourds. Si une gêne persiste, n’hésitez pas à en parler à votre dentiste, qui saura vous orienter vers un spécialiste si nécessaire.




